LES ARTISANS II - Les bûcherons

LES BÛCHERONS - LES SCIEURS

Les bûcherons

Photo : René Bulle

Les bûcherons (ou coupeurs) s’installaient avec leurs familles au sein ou au bord des forêts pour être au plus près de leur travail. Au 19e siècle, on en compte 600 en forêt de Chaux. Les outils traditionnels étaient la hache ou cognée, la serpe, la scie et le passe-partout. Mais les effectifs de ce rude métier vont s’effondrer au 20e siècle avec la mécanisation.
 

Les leveurs

 Le levage des écorces n’était pas une profession à part entière, mais une activité découlant du bûcheronnage, souvent pratiquée par les femmes et les enfants. Le travail des leveurs d’écorce devait se faire au début du printemps avec la montée de la sève. Les écorces de chênes étaient mises à sécher et rassemblées en fagots de longues bandes (1,33 m) pour être livrées aux tanneurs. Ceux-ci, après broyage dans un moulin à écorce, en extrayaient le tannin nécessaire à la conservation des peaux.

Cf Bulletin des villages de la forêt de Chaux. N° 19 de 2003

Les scieurs de long

Forêt de Chaux
Baraques du 14. La Vieille-Loye - Jura
Fête des Métiers 1993. 


Photo : Alain Goy

 



Photos : René Bulle (2009)

 

Cf la chanson des scieurs de long

Avant l’invention des scieries, les planches et les poutres étaient sciées à la main, dans le sens de la longueur des arbres. Pour cela il fallait une scie spéciale, à cadre, dite « belle mère ». Le tronc à scier était levé sur une chèvre, à 2 mètres environ du sol. Un homme dit l’écureuil ou le chevrier montait dessus chargé de relever la scie (sans scier) et de la conduire droit. Un autre au-dessous dit le renard rabattait la scie vers le bas tout en recevant la sciure sur son chapeau et dans les yeux. A mi parcours de l’arbre, les scieurs font faire un demi-tours à la pièce. Il faut 12 heures pour débiter 20 m de planches. Ce travail extrêmement fatigant ne pouvait être pratiqué que dans la force de l’âge. Le plus souvent c’était des Auvergnats et plus tard des Italiens qui venaient dans nos régions entre la St Michel et la St Jean d’été. Ces ouvriers itinérants suivaient les chantiers d’abattage. Evidemment, ce n’était pas en travaillant qu’ils pouvaient chanter la chanson des scieurs de long dont il existe une dizaine de versions.

Cf Bulletin de l’association des villages de la Forêt de Chaux. N° 16. Février 2000


  Les fendeurs


 C’était des spécialistes utilisant un chevalet à fendre, un coutre et un coin. Le hêtre et le chêne se fendant mieux que l’orme ou l’érable, permettaient de réaliser rames, gouvernails, chevilles des vaisseaux, les merrains pour la fabrication des tonneaux, les échalas pour la vigne et les lattes pour tuile et ardoise. Certains bois courbes étaient destinés au charronnage. Les déchets issus de l’ébranchage réalisé à la serpe, étaient réunis en fagots. Comme rien ne se perdait, on vendait les copeaux d’abattage et le petit bois (la ramille).

 Cf Jean-Claude CHARNOZ. Un Canard sur la Loue. N° 77. Janvier 2006. p 29