LES ARTISANS I - Les broderies

LES BRODERIES

La broderie est née en même temps que les premiers tissus, pour le plaisir d’enjoliver les vêtements ou le linge d’intérieur. En usage dès la plus haute antiquité et dans toutes les civilisations, elle connut son apogée entre le Moyen-Age et le XVIII° siècle, où la richesse des tissus devint en enjeu commercial important. Qu’elle soit pratiquée par les dames comme loisir ou comme métier, ou dans des usines à l’époque moderne, la broderie utilise depuis des générations les mêmes points de base. Ces points étaient transmis soit par tradition orale de mère en fille, soit par des marquoirs ou échantillons de points gardés précieusement dans les familles, soit par catalogues et journaux plus récemment.

S’il existe des centaines de points répertoriés, une dizaine de points de base suffisent pour réaliser linge de maison, layette, vêtements originaux, objets de décoration : point de tige, point de chaînette, passé plat, passé empiétant, point de feston…

En plus du linge de maison, on brodait autrefois les trousseaux des jeunes filles, les habits sacerdotaux et princiers, à une époque où la richesse des parures était un signe évident de statut social. Aujourd’hui, la broderie reste un art de haut niveau surtout dans la haute couture. Mais elle connaît aussi un nouveau succès auprès de nombreux amateurs attirés par ce loisir qui réjouit à la fois les mains, les yeux et le cœur.



          

Au fil des veillées, les filles devaient travailler à la confection de leur trousseau, ce qui s'accomplissait peu à peu aux cours des années. Le trousseau leur servait tout au long de la vie.


 

Photos : Claudine Lefort
 

LA BRODERIE AU POINT DE CROIX.


C’est l’une des plus anciennes que l’on connaisse et la plus répandue dans le monde. Les premiers ouvrages retrouvés datent du 13e siècle. A cette époque, elle était réalisée avec du fil de soie ou d’or, sur des vêtements destinés à la noblesse et à l’Eglise. Dès le 14e, elle se répand dans la bourgeoisie pour atteindre au 16e une vogue sans précédent. Au fil des années, elle est devenue plus populaire. Au milieu du 19e, c’est à Berlin (ou à Appenzell en Suisse alémanique) que se répandit la mode des grands motifs naturalistes (fleurs, animaux) avec fils de laine.

Le point de croix simple est des plus faciles à réaliser. Les jeunes filles apprenaient à broder dès l’âge de 7 ou 8 ans. Elles brodaient sur une toile de lin ou de coton avec du fil de coton ou de laine. La couleur était rouge pour le linge courant, symbole de la vie dans les veines, et blanc pour le linge de belle qualité. Le test de l’habileté des jeunes filles était un abécédaire qui permettait une initiation à la lecture et à l’écriture. En même temps, les initiales marquées sur le linge (monogrammes) indiquaient son appartenance tout en se prêtant à l’ornementation. Il existe de nombreuses variantes du point de croix.



Photo Fromond-Halbout


 
LA BRODERIE RICHELIEU.

C’est une broderie qui donne beaucoup d’effets. Il faut d’abord décalquer le modèle sur le tissu à broder, puis former des « brides » (des boutonnières) et enfin festonner (faire des points de feston). En dernier lieu on découpe. Cette broderie s’appelle « Richelieu » (1585-1642) en souvenir du ministre de Louis XIII qui l’importa d’Italie. On confectionne ainsi nappes, napperons, chemins de table, rideaux et autres revêtements de coussins.


Photo du DVD de Bernard Bellevret

 


LA BRODERIE SUR FILET.


 
Photo : Germaine Oudot

Le filet est un des ouvrages les plus anciens qu’on repère chez tous les peuples primitifs pour la chasse et la pêche. On le retrouve au Danemark à l’âge du bronze, en Chine, Egypte, Israël ou chez les Romains.

Composé d’abord de mailles simples reliées par des nœuds, le filet s’est transformé peu à peu pour arriver à obtenir des ouvrages d’art. Le choix du fil dépend de l’emploi (coton, lin, soie). La forme des mailles est celle du carré ou du losange. Il faut distinguer le filet proprement dit ou filet simple et le filet brodé ou artistique.

Les dessins du filet simple proviennent de la façon d’enlacer les mailles (simples, doubles, allongées, glissées) et de la grosseur du moule (baguettes en bois). On obtient ainsi des filets en carré ou en rosace, avec toutes sortes de mailles.
 
Au 16e, Catherine de Médicis (1519-1589) reine de France, originaire de Florence, introduit le filet brodé à la cour de France et le pratique avec engouement. Marie Stuart (1542-1587), reine d’Ecosse, élevée à la cour de France, est également très habile ainsi que sa belle sœur Marguerite de Valois, reine de France. Après une éclipse, le filet revient à la mode à la fin du 18e, ainsi que le point de Tulle travaillé avec élégance par les brodeuses de Corrèze. Au 19e, il est présent sur les rideaux, dessus de lits, retours de draps, chemins de tables, fonds de plateaux, nappes, napperons, dessus de cheminée, pochettes, chemises de jour et de nuit, robes…

Le 20e siècle voit un engouement pour les éditions de journaux de mode. Avant 1940, la fabrication manuelle du filet simple disparaît au profit du confectionnement mécanique avec différentes grosseurs de mailles (Flers dans l’Orne ou Dampierre-les-Conflans en Haute Saône). Le village de La Perrière dans l’Orne est renommé pour les qualités du travail et son filet perlé. Le filet brodé par les filetières permet la reproduction de dessins à l’aide de points variés comme les points de toile, de reprise, d’esprit, de Venise, de feston, de languette, de bride, de croix, de Hongrie, russe… Il est alors tendu sur un cadre où les petits carrés du filet servent de base pour les points qui peuvent donner étoiles, feuilles, fleurettes, dents, roues, losanges, grillages... Selon pays et époques, le filet s’appelle réticule, résille, réseau, lacis, canevas…
 
Cf Encyclopédie des ouvrages de dames. Thérèse DILLMONT. Bibliothèque DMC. 19e
Cf Le secret des dentellières. Ed. Carpentier. 1998

LA BRODERIE CAMPAGNARDE.

Une des grandes devises d’autrefois était qu’il ne fallait rien perdre. Même les tissus usagés retrouvaient une utilité pour fabriquer des tapis à peu de frais et décorer ainsi la maison ou se protéger du froid. On découpait ou déchirait les vieux vêtements en lanières et à l’aide d’un crochet on les piquait dans la toile de jute d’un sac de farine ou de pommes de terre. Avec les lanières ou lirettes de différentes couleurs, on parvenait à réaliser de jolis dessins. Quand ce tapis de chiffon devenait trop vieux, il pouvait encore servir de carpette pour le chien !

Cf : La Racontotte n° 100 Sur les tissus. Pages 36 - 42


Note: Le Lorem Ipsum est simplement du faux texte employé dans la composition et la mise en page avant impression. Le Lorem Ipsum est le faux texte standard de l'imprimerie depuis les années 1500, quand un peintre anonyme assembla ensemble des morceaux de texte pour réaliser un livre spécimen de polices de texte.

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